mardi 6 juillet 2010

sparks

"The olfactory sense is the sense that evokes the most strongly the memory of the past. Well, screw the past. That's why I want to live my life with you."

Ou un groupe encore honteusement oublié par l'histoire, à savoir The Sparks, un duo formé par des frères de LA distillant un pop classieuse sur fond de synthés, et ce avec la même grâce depuis un peu plus de 40 ans (et quelques 21 albums). Des précurseurs de toutes la pop synthétique qui suivit, et je pense en particulier aux Pet Shop Boys. Textes intelligents, drôles, cyniques et tristes, petits riffs aux synthés et la voix haut perchée de Russel Mael.

Avec cette chanson qui aborde, justement, le parfum, on se trouve sur l'avant-dernier album, un peu déroutant je trouve. Bien sur, les Sparks on évolué avec les années, loin des accents glam-rock de This Town Ain't Big Enough For The Both Of Us, euro-disco à la Moroder de Number One Song in Heaven ou dance de When Do I Get To Sing My Way (certainement ma préférée). Les Sparks ont mûri, leur musique aussi, mais ceci reste assez déconcertant. Mais écoutez plutôt.

dimanche 4 juillet 2010

changements

En panne d'inspiration ces derniers temps (désolée !), j'ai décidé de faire subir quelques petites modifications à certains de mes précédents articles dont certains frôlaient la puérilité (c'étaient mes premiers, en même temps). J'ai également essayé d'en enrichir quelques uns, modifier des passages et corriger quelques erreurs. Les changements effectués sont minimes mais je pense continuer sur cette voie et continuer à re-corriger certains articles dans le futur au besoin (sans pour autant les défigurer).

jeudi 1 juillet 2010

été II



Je voudrais m'excuser pour avoir publié cette liste de parfums en deux parties. Je m'explique : je voulais à la base faire un seul article mais j'ai été prise de court par des travaux en pleine rédaction, et j'ai ainsi donc préféré sortir une liste en deux parties plutôt que faire patienter tout le monde indéfiniment à cause de mes histoires de plâtre et de papier peint (et de géraniums -je vous expliquerai un jour si j'en trouve le courage). Donc avec un peu de retard, voici cinq autres parfums pour l'été, leurs inspirations et ce que j'en pense.


Je ne suis jamais allée en Italie, et c'est bien dommage car je suis fascinée par ce pays que je considère comme étant, avec la France et l'Allemagne, le berceau de la civilisation européenne moderne.. Pourtant, il y a des odeurs que je ne peux m'empêcher d'associer à cet endroit, que je m'attends presque à y trouver le jour où je voyagerai dans ce pays. Je pense notamment à l'Infusion d'Iris de Prada. Dès la première olfaction, je m'imagine à la terrasse d'un café, sous des arcades, en train de siroter un Spritz tout en regardant les passants. Infusion d'Iris a l'odeur d'un cuir très fin, d'une chemise blanche propre, d'une cologne à l'iris de qualité mêlés à l'odeur d'un jardin à l'italienne (fleur d'oranger en tête). C'est frais, distingué et délicat, pas tapageur pour un sou et relativement peu porté (bon à savoir). C'est peut-être cela le vrai luxe.


Toujours dans un registre assez méditerranéen, on pourrait également parler de la lavande (bien que la lavande anglaise soit extrêmement réputée elle aussi). Je trouve que cette plante est cependant trop souvent associée à la lessive ou à l'eau de cologne pour mémés : un fraicheur agréable mais un peu cheap. Mais, je trouve surtout que la plupart du temps, lorsqu'on hume l'odeur même de la plante qui s'épanouit au soleil, une sorte de chaleur semble s'en dégager. C'est ce type de lavande « chaude » qu'offre Serge Lutens avec le très distingué Gris Clair. Une lavande, mais assez minérale, comme chauffée au soleil. L'idée d'une lavande orientalisée me plaît. Je trouve en plus qu'ici, l'odeur assez agressive de la plante est légèrement neutralisée par des élément plus miellés, comme des pollens mais également des baumes en note de fond et notamment du benjoin. Je ne sais pas si Gris Clair est à proprement parler un parfum pour l'été, parce que je lui trouve une dimension enveloppante assez propre aux orientaux qui ne dépareillerait pas avec un pull en cachemire. Mais dans un autre sens, cette lavande pervertie apporte un joli twist aux chemises en coton légères (d'ailleurs, je vous conseille d'éviter de toute urgence L'Eau de Fleurs de Lavande de Chloé sorti cette année qui joue trop sur le registre cologne pour mémés mais à un prix absolument indécent).


Une des qualités essentielles recherchées par la plupart dans le choix d'un parfum pour la saison chaude, c'est la fraîcheur. Mais bon, il y a évidemment toujours quelques tarés qui au contraire préfèrent se lover dans des odeurs chaudes, épicées, baumées au risque de flanquer un mal de crâne terrible à leurs voisin de train / terrasse / autre qui n'est pas spécialement branché dans le trip « combattre le mal par le mal » en pleine canicule. Il m'arrive souvent de porter ce genre de fragrances en plein été : je trouve que la chaleur apporte à ces parfums une nouvelle dimension encore plus puissante, comme si cette odeur était renforcée par la chaleur, voir la moiteur ambiante.


Je me souviens avoir pas mal porté Putain des Palaces l'été dernier. Évidemment, on est plutôt ici dans un trip « ambiance moite et suffocante d'un bordel de la Nouvelle-Orléans » (enfin, comme moi j'étais en Allemagne l'été dernier, il me donne plutôt envie de descendre un café-crème en mangeant du Käsekuchen mit Kirschen). Fleuri, poudré, animalisé et un peu vulgaire quand même : un cocktail qu'on peut aisément adopter en cette saison à condition bien entendu de ne pas prendre le titre au pied de la lettre ; mieux vaut rester assez élégant pour porter cette fragrance au risque de passer pour une Putain des Palaces (ou pas des palaces) justement. Mais, bien entendu, c'est un parfum qui a ses adeptes, et il y a aussi ceux qui détestent.


Ensuite, il y a Habanita, qui me fait toujours tripper, quelque soit la saison. Vous allez peut-être penser que je suis complètement obsédée par ce parfum, et bien c'est justement le cas. Réconfortant en hiver, c'est la facette sexy qui est le mieux révélée en été. Comme si une alchimie spéciale faisait que ces notes douces et baumées, aussi réconfortantes qu'une maman, se pervertissaient avec le soleil, muant cette fragrance en un océan de débauche : vanille, héliothrope, vétiver, mousse de chêne, notes tabacées (ce sont les notes que je sens le mieux sur moi, en tous cas). Ce parfum se fait nuage de sensualité pure à cette saison. Un parfum que je trouve tellement complexe et changeant, qu'il doit être découvert et apprécié de la même façon qu'un jardin (comparaison étrange mais vous allez voir …) : en été, automne, hiver, printemps, et sous la pluie, lesquels moment devant être complétés, selon moi, par la nuit. Franchement, il faut ne faut pas hésiter avec ce parfum-là qui est certainement la meilleure affaire de toute l'histoire de la parfumerie.


Et enfin, je terminerais par un parfum, qui, selon moi, risque fort bien de se muer en futur classique de la parfumerie, à savoir le très beau Narciso Rodriguez For Her. Je pensais plus particulièrement à la version eau de toilette qui me touche davantage que la version eau de parfum, cette dernière mettant davantage l'accent sur les notes de fleuries que je trouve moins importantes dans l'eau de toilette, même si, sommes toutes, elles font parties intégrantes de la composition. Il y a cet accord de fleurs d'oranger et de musc qui me fat défaillir à chaque fois. Son intimité a, je trouve, le caractère sacré de petites églises baroques perdues dans la campagne portugaise, aux murs noircis par les cierges, qui eux-mêmes s'agglutinent sur de grands chandeliers de cuivre et vomissent des flots de cire; où l'on souhaite s'abriter à la recherche de la fraicheur offerte par les pierres mais dont l'intérieur est plus brûlant que le soleil. C'est exactement l'image que me donne ce parfum.


C'était donc dix parfums pour l'été. Je pense livrer dans quelques mois la liste de « parfums d'automne ». D'ici là, bonnes aventures estivales parfumées !

lundi 21 juin 2010

été



Je suis sûre que cet été, vous allez le passer à écouter des vieux tubes des Beach Boys sur la plage en mangeant des esquimaux au citron. Ou peut être pas. C'est peut être également cet été que vous allez peut être craquer pour un nouveau parfum, ou encore redécouvrir un parfum que vous possédez déjà sous un aspect différent. Quoi qu'il en soit, je voudrais livrer ici une petite liste (non exhaustive) de quelques parfums que je trouve intéressants à porter en cette saison.

Il faut savoir que j'ai presque toujours passé mes vacances d'été à la campagne, ou bien dans des coins un peu humides comme la Normandie. Pour moi, l'été ne se combine donc pas de façon prépondérante avec l'odeur du sable et du monoi mais des odeurs vertes, fleuries, voire un peu humides.
Et c'est donc tout naturellement que je recommande L'Eau de Campagne de Sisley. Un vrai parfum vert avec un bel effet feuille de tomate dans les notes de tête. Le reste de la fragrance est une odeur plutôt aromatique, façon potager de grand-mère. Et effectivement, ce parfum me rappelle le temps où j'allais faire l'idiote avec mes cousines dans le jardin de ma grand-mère en ruinant le potager et en s'aspergeant d'eau (remarquez, je pense qu'on pourrait encore le faire, techniquement parlant). Il me rappelle également l'odeur des petites tomates cerise qu'on mangeait à peine cueillies. C'est doux, rafraichissant sans tomber dans l'écueil de la simple cologne citronnée. Un seul petit regret cependant, c'est son manque de tenue.


Ensuite, dans toujours dans le même type de registre, je recommanderais Un jardin Après la Mousson de Hermès et Un Matin d'Orage, de Annick Goutal. Les Jardins Hermès sont tous de petites merveilles. Un Jardin Après la Mousson n'est pas forcément le plus original de la série mais c'est celui qui me parle le plus. Il y a d'abord ces notes aquatiques très légères avec un effet très « concombre » ou « pastèque » très désaltérante, lesquelles sont relevées par des épices froides, cardamone en tête. Et puis assez vite, l'odeur acquiert un caractère plus boisé, dû notamment à la présence de vétiver. Je ne peux pas dire si la végétation indienne a cette odeur après les pluies mais cette évocation délicate de nature humide me séduit énormément (je fait partie des personnes adorant le temps un peu gris et la pluie, mais lorsque celle-ci se fait légère). Pas pour moi cependant, puisque ma meilleure amie le portait et je n'aime pas tellement avoir la même odeur que quelqu'un d'autre, même si c'est quelqu'un que j'affectionne.
En ce qui concerne Un matin d'Orage, on a encore une odeur de pluie et de jardins. Il s'agit effectivement d'un très belle odeur de terre humide, mais pas une odeur verte et un peu boueuse. Il s'agirait plutôt de l'odeur plus légère de la terre qui se trouve aux pieds d'un cèdre, recouverte d'épines, et qui commencerait à recevoir des gouttes de pluie. On a alors une odeur légère, transparente et un peu épicée, à laquelle vient s'ajouter l'odeur plus puissante de fleurs blanches comme le gardénia ou le néroli. C'est assez amusant puisque j'ai retrouvé cette odeur il y a peu en sortant de ma fac. Il y a en effet un carré de jardin devant l'entrée avec un cèdre et des rhododendrons, ainsi que des pensées. Et lorsque je traversais la cour, il commençait à pleuvoir, et il me semblait que l'air était empli de cette fragrance (évidemment, je ne souhaite pas spécialement retrouver l'odeur de ma fac sous la pluie dans un parfum, mais d'un point de vue purement objectif, cette odeur était vraiment intéressante). Ce parfum est donc une évocation originale et délicate d'une pluie estivale.


Je pensais ensuite à Ofrésia, de Diptyque. Le freesia fait partie de ces fleurs qui, comme le lilas ou le muguet, ne peuvent avoir leur fragrance extraite de façon naturelle et qu'il faut reproduire à l'aide d'autres essences. Ici, on affaire à une freesia très jasminé mais en même temps très vert et aquatique. Il me fait personnellement penser à une promenade à la campagne au bord de l'eau où l'on cueillerait des fleurs en chemin. Une fragrance un peu minimaliste mais qui, je trouve, reproduit assez admirablement le parfum de cette fleur. Je sais, je suis encore dans mon trip « promenade dans la nature », mais après tout, c'est le genre d'options qui peut faire rêver lorsqu'on habite en ville, non ?


Toujours sur dans le registre « promenade bucolique », il y a le Nombril Immense de chez Etat Libre d'Orange. Les parfums de cette marque ne sont pas tous réputés pour leur légèreté. Cependant, celui-ci construit autour d'un beau patchouli et de notes sèches et musquées comme le poivre, l'ambrette ou la graine de carotte développe une aura qui me fait un peu penser à du foin ou à des plantes séchées. Nombril Immense invite alors à un trip psychédélico-bucolique à travers les champs. Disons que si l'envie soudaine de courir tout nu dans les champs de blé avec vos potes aussi dégénérées (et en écoutant les Pink Floyd) vous prend, je recommande Nombril Immense en ambiance olfactive (bien entendu, je ne vous recommande pas de courir tout nu dans la nature à la vue de tous, il me semble que ce ne soit pas très permis).

Voici donc la première partie de ma sélection parfumée pour l'été. Je reviendrai dans quelques jours vous livrer la suite. D'ici là, enjoy !

samedi 19 juin 2010

parfum vintage : Jolie Madame






En faisant un peu de tri dans une armoire aujourd'hui, je suis tombée sur une boite qui contenait de vieilles affaires de toilette, appartenant vraisemblablement à l'une de mes grand-mères (oui, je retrouve plein de trucs en rangeant mes affaires, ç'a déjà été le cas pour Habanita et L'Air du Temps). Et parmi ces objets se trouvait notamment un petit flacon de parfum qui s'avère être ce fameux Jolie Madame de Balmain. Ce flacon est vide, mais il reste un peu de la fragrance sur le bouchon et sur le goulot, sous forme d'un sirop épais et sombre. Bien entendu, le parfum a dû vieillir, mais ce que je peux sentir est plus qu'agréable, et me donne un assez bon aperçu de la composition : bien que les notes de tête soient éventées, on peut facilement identifier ce parfum comme étant un chypre, catégorie chypré-floral plutôt que chypré-fruité.


Après avoir fait quelques recherches, il apparaît que ce parfum a été composé en 1953 par Germaine Cellier, déjà responsable de Vent Vert, toujours chez Balmain, et de Bandit et Fracas (qu'on ne présente plus) pour Robert Piguet. J'ai réellement apprécié le peu de compositions de Germaine Cellier qu'il m'a été donné de sentir, j'aime beaucoup son approche très radicale de la parfumerie, et je trouve ses compositions très intelligentes. Ce même sentiment de plaisir m'envahit alors que je sens Jolie Madame évoluer sur ma peau.


Je ne pourrais pas parler ici des notes de tête du parfum qui se sont altérées avec le temps. D'après le site Osmoz, elles se composent de petitgrain, de girofle et de néroli. Je n'arrive pas à déceler le petit grain, à cause de l'âge de mon exemplaire mais je sens en revanche très bien le clou de girofle qui vient me picoter le nez. Ensuite, jasmin, fleur d'oranger et néroli viennent se fondre ensemble et enveloppent le tout d'un bel accord de fleurs blanches, ici très furtif. Je sens néanmoins beaucoup mieux la tubéreuse de la composition, ainsi que la feuille de violette. Je ne saurais malheureusement être plus précise.





Etrangement, les notes de fond m'ont immédiatement fait penser à un parfum récent qui m'a énormément plu, à savoir le beau Feuilles de Tabac de Miller Harris. On retrouve en effet ce même accord de tabac (bien que Jolie Madame dégage une note fumée ressemblant un peu au thé Lapsang Souchong que Feuilles de Tabac ne possède pas), de patchouli et de vétiver (Jolie Madame possède en plus de la mousse de chêne que j'arrive très bien à sentir dans l'exemplaire que j'ai). Mais, alors que les notes de fond de mon Balmain se révèlent plutôt chaleureuses, mais un peu rêches, Feuilles de Tabac est plus doux, mais plus froid (l'on sent d'ailleurs davantage le vétiver dans le fond que le patchouli) et plus masculin. Je suis d'ailleurs ravie de l'hypothétique parenté entre les deux parfums.


Je suppose également que ce parfum a pu inspirer le très beau Vierges et Toreros de chez Etat Libre d'Orange, que j'affectionne beaucoup. On y retrouve en effet un tête épicée (cardamone, muscade et girofle pour Vierges et Toreros), un coeur composé de fleurs blanches, tubéreuse en tête et un fond boisé cuiré. Mais alors que Jolie Madame se présente avant tout comme un chypre possédant seulement des notes de cuir et de tabac, Vierges et Toreros exploite davantage le côté cuiré : c'est cette note qui ressort le mieux dans le parfum, la tubéreuse ainsi que les épices chaudes ne servent qu'à mettre le cuir en valeur.


J'aimerais pouvoir connaître mieux ce parfum en sentant un exemplaire plus récent, mais il semble que ce parfum ne soit malheureusement plus disponible. C'est bien dommage, puisque je trouve que les Balmain disponibles aujourd'hui manquent un peu de prestance – j'ai d'ailleurs détesté le dernier, Ambre Gris, que je trouve beaucoup trop lourd et écoeurant.


Reste alors un parfum très original mais hélas trop rare.