Affichage des articles dont le libellé est anglomanie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est anglomanie. Afficher tous les articles

mercredi 20 juillet 2011

English Rose




(Attention, cet article s'inscrit dans une ambiance prout-prout très : « Soupirons dans les fleurs et morfondons-nous dans notre tasse de thé tout en nous prenant très au sérieux ... »)


Créer un parfum, c'est un peu essayer de capturer l'air du temps.


Sauf lorsque celui-ci emprunte un parti-pris absolument atemporel. Bien entendu, chaque parfumeur souhaitera créer l'Oeuvre Ultime, la création qui perdurera, se moquant des années qui passent. Mais il n'empêche que les fragrances aussi sublimes que peuvent être Jicky, Habanita, ou encore le N° 19 trahissent l'époque à laquelle elles ont été créées.

Je ne parle pas non d'une volonté quelconque d'apporter un côté délibérément rétro à un parfum. Le bouquet floral de Une Fleur de Cassie (un parfum que j'adore), rendant ostensiblement un hommage d'une rare élégance à la parfumerie des années 1930 en dit beaucoup plus sur les années 2000, date de sa composition, que sur les années 30 elles-mêmes.

Non, il s'agit bien de créer une fragrance dont on ne saurait dire si elle a un siècle ou dix ans, sans aucun lien olfactif avec une époque quelconque dans laquelle elle serait malgré elle enfermée.

Bien peu de compositeurs arrivent à cet exploit.


Mais malheureusement, en France plus qu'ailleurs, nous avons cet espèce de chauvinisme olfactif qui ne nous pousse pas forcément à tendre notre nez plus loin que les marques créées par nos compatriotes (mais il est vrai que la gamme en question est assez large …). On oublie cependant que de l'autre côté de la Manche, l'on sait également faire des parfums, différents de ce que l'on connaît en France, certes, mais qui ont aussi leurs qualités intrinsèques : tradition, belles matières premières, élégance et discrétion. La parfumerie anglaise défie le temps, les années sans prendre sans la moindre ride tout en conservant cet espèce de charme délibérément suranné. Et d'ailleurs, qui, mieux qu'un parfumeur anglais, pourrait recomposer la délicate odeur d'une roseraie au mois de mai, encore baignée de rosée ? Il faut bien l'accorder, Sa Majesté la Rose, ainsi que L'Ombre Dans l'Eau sont d'assez beaux exemples de ce que la parfumerie française peut accomplir en matière de roses discrètes et naturelles. Mais c'est définitivement la timide Elisabethan Rose de Penhaligon's qui a su me séduire.



Et qui aurait pu deviner que ce parfum est sorti la même année que Coco, un an avant Poison ?


Avec Elisabethan Rose, Penhaligon's reprend la tradition anglaise du soliflore qu'elle avait déjà exploré en offrant déjà quelques années auparavant des compositions magistrales : Bluebell (odeur de jacinthe verte et fusante dans les sous bois), Violetta (une sombre violette boisée) ou encore Lily of The Valley (un délicat muguet aux inflexions légèrement cosmétiques).


La rose ici est légère, verte. Elle s'ouvre sur quelques aldéhydes piquants, renforçant les notes de géranium employées pour leur côté frais, donnant l'impression que la fleur vient juste d'être cueillie. Un accord de rose et de violette compose ensuite un coeur beau et simple à la fois, comme si l'on avait repris l'idée générale du Paris de Yves Saint Laurent mais en le débarrassant de ses lourdeurs « grande cocotte » qui m'est non seulement insupportable mais qui « date » horriblement ce parfum. Donc un coeur simple, mais incroyablement proche de l'odeur de la rose de mai telle qu'on peut la sentir dans un jardin (que j'allais qualifier de « à l'anglaise). Je devine également du galbanum employé en petites touches afin de faire ressortir le côté « vert » de la plante. Le fond est luis aussi d'une extrême simplicité : santal, muscs, ambre. Il faut le dire, nous sommes bien loin ici de la délicieuse rose baroque de Une Rose.


Elle m'apparaît cependant d'une précision presque anatomique, comme si l'on avait voulu en capturer l'essence en la dessinant avec la précision d'un botaniste du début du XIXe siècle. Quelques lignes, un trait clair, pas trop chargé. Une esquisse de rose ancienne.



Pierre-Joseph Redouté : Rosa Centifolia



C'est une fragrance qu'on devinerait aisément porté par une Lady peinte par Gainsborough. L'odeur simple d'une rose Cuisse de Nymphe, le matin sous la rosée. L'aura d'une héroïne de Jane Austen.



Thomas Gainsborough : La Promenade Matinale


Bref, l'odeur d'une Angleterre aux accents rétros, celle des Kinks et des cottages, des soeurs Brontë et des parcs paysagers, des tasses de thé et de Saville Row.



mardi 20 avril 2010

classic with a twist

Les Kinks comptent parmi les très rares groupes de pop qui parviennent à être très classe tout en restant sympathique aux yeux de leurs fans (dont moi). En effet, un groupe trop bien habillé sera toujours soupçonné de promouvoir le style qu'il arbore plutôt que sa propre musique. Le style rock par exemple et sa fashion icône Pete Doherty sont de purs produits de consommation. Je reviendrai certainement sur cette idée dans un prochain article.
Mais revenons plutôt à cette formidable décennie des sixties où un groupe ne pouvait fonctionner que s'il proposait de la bonne musique.




Les Kinks, meilleur groupe anglais du milieu des années 60 ? Ils devaient rivaliser avec les Beatles, c'est vrai, mais ce sont eux qui, selon moi, ont sorti les meilleurs singles de la période 1966-1968. Enfin je m'intéresse ici surtout à leur look ultra-mods british, limite néo-dandy.
Comme par exemple avec ces vestes de chasse à courre, importables mais élégantes.




Ou encore ces pantalons en tweed (avec le pli au milieu, très important le pli au milieu !).
J'aime beaucoup la cravate en tricot de Pete Quaife portée avec cette chemise à petit col. Pete Quaife reste quand même le "King of The Mods", l'élément le plus classieux du groupe, et ce malgré le charisme des frères Davis.





Pantalons étroits feu de plancher, forcément portés avec des Chelsea Boots.
Le problème avec les Chelsea Boots aujourd'hui, c'est que la plupart d'entre elles sont trop pointues (elles sont plus orientées dans une optique rockabilly que pop classieuse), et donc importables. Associées à cette mode des frocs moulants, l'ensemble obtenu est à se suicider à cause d'un manque d'élégance proprement effroyable.
Rien de tel ici : l'équilibre de la silhouette est parfait.

Les Kinks, fashion icônes des années 60.